L’hypnose médicale selon le Docteur Milton H Erickson

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    Quelques extraits d’articles fort intéressants rédigés par le Docteur Erickson, concernant l’utilisation de l’hypnose médicale.

    Qui peut être hypnotisé (Vol IV p18) ?

    « Tout sujet réellement coopératif peut l’être (hypnotisé), indépendamment du fait qu’il s’agisse d’une personne normale ou d’une personne ayant une névrose hystérique ou une psychose schizophrénique.

    Par ailleurs elle n’a aucun effet préjudiciable et ne peut en rien favoriser des activités criminelles, contrairement à ce que voudrait nous faire croire le cinéma ou la presse populaire.

    Troisièmement, malgré les apparences, elle n’a aucune relation réelle avec le sommeil physiologique. Finalement, même si elle est mal comprise, il ne s’agit en rien d’un phénomène surnaturel mais bien d’une manifestation psychologique normale, facilement contrôlé par l’utilisateur expérimenté… »

    Le rôle de la suggestion en hypnose (Tom IV p 59)

    L’induction et le maintien d’une transe permettent de disposer d’un état psychologique spécial dans lequel le patient peut réassocier et réorganiser ses complexités psychologiques internes et utiliser ses propres aptitudes d’une manière qui est en accord avec ses expériences de vie personnelles. L’hypnose ne change pas les gens, pas plus qu’elle n’altère les expériences qu’ils ont vécus dans le passé. Elle sert à leur permettre d’en apprendre plus sur eux-mêmes et de s’exprimer d’une manière plus adaptée.

    Utilisation de l’hypnose dans la pratique médicale (Tom IV p 80)

    Ce qui justifie l’utilisation de l’hypnose dans l’art de guérir, c’est l’effet bénéfique de la limitation de l’attention du patient à ces éléments de comportement et de fonctionnement qui sont pertinents pour son bien-être.

    Pour éclairer ce propos par un exemple, prenons une planche de bois de huit mètres de long et de quarante centimètres de large et posons-la sur le sol. N’importe qui, dans un état de conscience ordinaire est capable de parcourir à pied ces huit mètres sans difficulté. Mais plaçons cette même planche à soixante mètres de hauteur et cela devient un tout autre problème que de marcher sur toute sa longueur, même si, en réalité, la tâche n’a pas changé.

    Dans l’état habituel de perception consciente, la performance est trop souvent limitée par des considérations qui peuvent en fait n’avoir aucun lien avec la tâche à accomplir. Marcher sur cette planche qu’un plancher transparent de part et d’autre laisse le sol parfaitement visible soixante mètres plus bas, resterait tout de même une tâche angoissante pour bien des personnes, alors qu’elles le feraient si facilement sur le sol.

    Dans l’état ordinaire de conscience, les idées, les conceptions, les croyances, les souhaits, les espoirs et les peurs, peuvent tous affecter la facilité d’exécution d’un acte et perturber et déformer des objectifs qui suscitaient peut-être beaucoup d’espoirs. Mais dans l’état d’hypnose, le champ de perception consciente est limité et tend à se restreindre à des questions strictement pertinentes, les autres considérations perdant toute importance.

    Pour donner un autre exemple, on peut citer un patient grièvement brûlé qui désespère d’être soulagé de ses douleurs. Il ne veut pas qu’on lui présente des idées et des suggestions à propos de sa douleur. Il n’a plus envie de boire ni de manger. Il a perdu I ‘appétit en raison de ses souffrances. Il n’arrive pas à dormir à cause de la douleur, de la peur et de l’anxiété quant à l’évolution de son état.

    Sous hypnose, par contre, le patient grièvement brûlé est ouvert aux suggestions. Il est tout aussi disposé à accepter des suggestions d’anesthésie et d’analgésie hypnotiques qu’il le serait à accepter de la morphine. Il est également prêt à accepter des suggestions de soif et de faim et à y réagir aussitôt, chose qui serait perturbée par I ‘administration de médicaments, tout comme l’élimination des toxines est retardée par les médications anti-douleur. De plus, il profite d’un sommeil naturel, physiologique, au lieu d’un sommeil dû aux opiacés.

    Même si l’hypnose n’apporte pas un soulagement complet, les symptômes peuvent être grandement améliorés, ce qui réduit la quantité de médication qui risque d’interférer avec l’élimination des toxines.

    Dans l’expérience personnelle de l’auteur, la réaction de choc d’une enfant de sept ans après qu’elle se fut gravement ébouillanté le bras, l’épaule, le thorax et le côté, fut utilisée pour induire une transe hypnotique. Des pansements locaux sur la zone brûlée, mais sans aucun traitement par voie générale, permirent une guérison complète en trois semaines. Après la première séance, il ne fut pas nécessaire de faire de nouvelle séance d’hypnose, puisque la suggestion post-hypnotique donnée au départ continua d’être efficace tout au long de son hospitalisation.

    Profondeur de la transe (Tom IV p48)

    Les états de transe ayant des objectifs thérapeutiques peuvent être soit légers, soit profonds, en fonction des facteurs tels que la personnalité du patient, la nature du problème, et le stade des progrès thérapeutiques. Parois on n’a besoin que d’une transe légère, même pour un problème grave, et parfois une transe profonde est indispensable pour une perturbation relativement bénigne.

    Utilisation de l’hypnose comme agent thérapeutique (Vol IV p 18)

    « On a généralement tendance à penser que l’hypnose peut être induite par suggestions répétées de fatigue, de somnolence et de sommeil profond et que, lorsque les sujets présentent des signes d’endormissement, ils sont prêts pour une procédure hypnotique. En fait, ces sujets peuvent être en transe, et en présenter tous les signes apparents, mais en réalité, il s’agit d’un type de transe ne permettant qu’une utilisation limitée de la suggestion hypnotique.

    L’utilisation de l’hypnose comme agent thérapeutique ou comme méthode d’expérience au laboratoire demande, pour que les résultats en soient valables, plusieurs heures d’entraînement. Dans ce processus d’entraînement, les sujets peuvent être hypnotisés, puis éveillés, puis hypnotisés à nouveau, puis éveillés encore, et ce de manière répétée, chaque transe et chaque réveil étant employés pour leur apprendre petit à petit à contrôler leurs facultés mentales et à organiser des réactions qui augmentent le degré de dissociation entre conscient et subconscient, ce qui établit dans les faits, mais non en réalité, une personnalité hypnotique dissociée.

    Ce n’est qu’en développant chez chaque sujet cette capacité à fonctionner de manière organisée et intégrée dans l’état de transe que l’on pourra réaliser un travail thérapeutique ou expérimental complexe.

    Dans la mesure où cet article ne permet pas un exposé détaillé des subtilités de la technique, il peut sembler préférable de résumer la question en disant qu’une technique efficace repose sur des transes hypnotiques répétées et prolongées au cours desquelles le sujet atteint un état stuporeux. Dans cette transe stuporeuse, on apprend au sujet, par degrés progressifs, à obéir à des suggestions et à réagir à des situations de façon intégrée. Ce n’est qu’ainsi que l’on peut obtenir une dissociation étendue des éléments conscients et subconscients de la personnalité, dissociation qui va permettre une manipulation satisfaisante des éléments de la personnalité à étudier. »

    Névrose artificielle (Tom IV P23)

    L’étude de Erickson (1923) a démontré qu’il était possible de développer chez un sujet une névrose artificielle caractérisée par des compulsions, des phobies et des obsessions, de telle manière qu’une névrose véritable, préexistante chez le sujet, s’intègre à cette névrose induite ; la psychothérapie de la névrose artificielle a permis ensuite la suppression de la névrose originale.

    Dominik

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