Compétences et critères d’évaluation des Praticiens et coachs solutionnistes

1. Conscience de soi 

La conscience de soi n’est pas spontanément une connaissance de soi; elle n’est pas non plus une connaissance scientifique car l’être humain ne peut pas être objectivé.

Accéder à une connaissance de soi, c’est accéder à la lucidité de sa propre subjectivité, et à la considération qu’autrui est un alter ego.

La conscience de soi repose ainsi sur une lucidité concernant ses comportements, capacités, croyances et valeurs, c’est une attention particulière aux relations que l’on engendre.

Le parcours de formation amène à développer une meilleure conscience de soi, de par l’expérimentation des outils, d’un travail sur soi tout le long du parcours, mais aussi au travers d’un travail personnel et de supervision tout le long de sa vie professionnelle.

Cette compétence est évaluée par le formateur au cours du processus de formation.

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2. Respect du cadre éthique et déontologie du Praticien

Il s’agit essentiellement de la connaissance et du respect du cadre légal et règlementaire dans la pratique de la communication éricksonienne. Le praticien en communication éricksonienne ne peut accepter que des missions relevant du cadre de ses compétences. Il ne prodigue pas de psychothérapie, pas de soin, pas de diagnostic, pas de prescriptions, pas de travail d’analyse du passé. Il donne à son travail une orientation présent/futur, construit sur des objectifs de changements…).

L’évaluation porte sur les capacités à expliquer clairement le cadre de travail à son client.

La communication est orientée sur la compréhension des processus du client et la recherche de solutions et non sur l’analyse du passé.

Le conseil ou toute autre immixtion dans la vie du client est écarté des processus d’accompagnement.

3. Établissement et formalisation du cadre et du « contrat » d’accompagnement

Un accompagnement pour qu’il soit réussi, se déroule selon un processus, il a du sens et il s’établit dans un cadre éthique et professionnel. Dans un parcours d’accompagnement, un contrat verbal ou écrit établit les attentes et les limites de chacun.

L’évaluation de cette compétence porte sur la capacité́ à comprendre les exigences d’une interaction d’accompagnement spécifique et à parvenir à un accord avec le client sur le processus et la relation d’accompagnement.

Sont évalués les points suivants :

  • Établir initialement un cadre de travail et des « règles d’engagement » de l’accompagnement.
  • Établir la cadre de travail pour la séance actuelle. Sur quoi le client souhaite-t-il travailler ? Quels éléments rendront la séance utile et profitable ?
  • Établissement d’un axe de travail identifié.
  • Demande au client s’il est prêt à s’engager dans le travail d’accompagnement.

4. Instauration d’une relation de confiance et d’intimité avec le client 

Capacité à créer un environnement sécure et de soutien, source permanente de respect et de confiance mutuels 

  • Définir préalablement une relation de collaboration avec le client
  • Établir les attentes du client dans le cadre d’une relation ouverte et honnête
  • Faire preuve d’intégrité, de confidentialité de respect et de soutien
  • Avoir une estime positive sans réserve du client.

Le candidat n’obtient pas un score suffisant si :

  • Il fait preuve d’un intérêt significatif pour son propre avis sur la situation plutôt que celui du client.
  • Le praticien ne cherche pas à obtenir des informations auprès du client sur son opinion sur la situation
  • L’attention semble se porter sur la propre performance du praticien ou la démonstration de sa connaissance du sujet.

5. Travail sur le processus lors de la relation d’accompagnement

Dans une relation d’accompagnement, le praticien est conscient de la systémique, du pouvoir de son langage et de sa posture.

Il a pour seul objectif de construire et de gérer une relation de confiance porteuse de développement pour le client.

Le conseil, les prescriptions ou toute autre immixtion dans la vie du client sont écartés des processus d’accompagnement.

6. Présence du praticien

Il s’agit de la capacité à être complètement sensibilisé et à créer une relation spontanée avec le client en employant un style ouvert, flexible et confiant.

Le candidat n’obtient pas un score suffisant si

  • Il ne cherche pas à obtenir des informations auprès du client sur son opinion sur la situation
  • Il fait preuve d’un intérêt significatif pour son propre avis plutôt que pour celui du client
  • Il ne cherche pas à obtenir des informations sur les objectifs du client concernant la situation
  • L’attention semble se porter sur la propre performance du praticien ou la démonstration de la connaissance du sujet

7. Écoute active

Il s’agit de la capacité à se concentrer entièrement sur les paroles et le langage non verbal du client, à comprendre le sens des paroles dans le contexte des désirs du client et à soutenir l’expression de soi du client.

Les critères d’évaluation portent sur :

  • Écouter sans préjugés et en faisant la distinction entre les mots, le ton de la voix et le langage du corps
  • Le praticien comprend l’essence de la communication du client. Par des techniques de reformulation, il aide le client à gagner en clarté et perspective au lieu de prendre part à l’histoire

Le praticien n’obtient pas un score suffisant si :

  • Il ne fait pas preuve d’une écoute concentrée sur les paroles du client et répondant à celles-ci
  • Il semble écouter pour identifier le domaine où il pourra démontrer sa connaissance du sujet ou indiquer au client la nature de l’action adéquate à réaliser
  • Son écoute se limite à l’identification du problème ou des points faibles
  • Il fait uniquement preuve d’une capacité de compréhension par le biais de ses propres perceptions et modèles de réflexion, d’apprentissage et de création et non ceux du client

8. Maïeutique de l’accompagnement 

Le praticien a pour objectif de conduire le client à prendre conscience de ses schémas, à les relativiser, à choisir ce qui lui convient le mieux et à faire émerger ses capacités d’apprentissages.

L’évaluation porte sur :

  • La capacité à poser des questions révélant les informations nécessaires pour faire bénéficier au maximum à la relation d’accompagnement au client
  • Des questions claires et directes conduisant à de nouvelles connaissances approfondies et faisant progresser le client

Le candidat n’obtient pas un score suffisant si :

  • Les questions correspondent à un programme ou des problèmes définis par le praticien et non par le client
  • Le praticien pose des questions reflétant son propre avis sur la situation ou l’une de ses réponses préconçues
  • Le praticien pose fréquemment des questions informationnelles ou qui maintiennent le client dans le passé ou dans les méandres d’une situation actuelle au lieu d’être tourné vers l’avenir
  • Les questions font rarement appel au langage du client, à son style de réflexion ou de création

9. Utilisation d’outils et de techniques de changement

Afin que la conduite au changement se déroule de manière professionnelle, cadrée et dans un processus qui donne du sens, des techniques et des outils professionnels connus sont utilisés.

  • L’évaluation porte sur la capacité à employer différentes techniques et outils issues de la communication éricksonienne, au service d’une relation favorable au changement
  • La capacité à induire un état hypnotique de différentes manières

Le candidat n’obtient pas un score suffisant si :

  • Il ne tient pas compte de la nécessité de créer une relation de confiance et de coopération
  • Il ne respecte pas le rythme du client
  • L’attention semble se porter sur sa propre performance plutôt que sur une relation de collaboration avec le client
  • Il ne maîtrise pas les outils de la communication éricksonienne directe ou permissive

10. Engagement de développement personnel et professionnel

Le praticien poursuit durant toute son activité son développement personnel et professionnel. Des stages, des lectures, des formations, la supervision, des travaux de recherches sont inhérents aux métiers d’accompagnement au changement.

L’évaluation porte sur le recule et la mise en perspective de son travail matérialisé par le cas d’accompagnement ainsi que trois « feed-back » de séances.