Accélérer le processus d’hypnose ? Techniques de langage et inductions hypnotiques (A Garnier)

    Avec l’accord d’Antoine Garnier et de Molton Spimoza, je retranscris ci-dessous des échanges extrêmement intéressants sur le sujet des techniques de suggestion pour accélérer le processus d’induction de l’hypnose, et le choix des mots que cela nécessite. Antoine Garnier répond généreusement à ces questions, suite à cet article publié par Molton Spimoza sur son forum de discussion Principa Hypnotica.

    Traduction : « Maintenant, trop d’entre nous ont le sentiment que nous devons employer un certain rituel traditionnel pour développer de la transe. Combien de choses devez-vous dire à un patient pour lui demander de développer un état de transe ? Le patient vient dans votre cabinet pour une hypnothérapie. Aurez-vous vraiment besoin de lui dire que vous allez employer l’hypnose si c’est la raison pour laquelle il est venu vous voir ? Il le sait déjà.

    Il sait pourquoi il est venu, et vous savez pourquoi il est venu, et vous n’avez vraiment pas besoin d’explications générales sur ce pourquoi il est venu… » (Milton Erickson)

    Prendre le temps d’accélérer le processus d’induction…

    S’en suivent plusieurs échanges sur la notion de rapidité et du temps nécessaire pour induire l’hypnose.

    Antoine Garnier : Je crois qu’il est de toute façon toujours bon de « prendre le temps ». Mais ce temps peut finalement aussi bien être 1 minute que 1 heure.

    L’important, c’est que si rapidité il y a, elle soit du côté du sujet et non pas le fait d’une précipitation de l’opérateur, d’un empressement susceptible d’ajouter une pression, donc d’exercer une résistance, donc de ralentir les réponses du sujet.

    Parfois, dans des circonstances où on manque de temps, on peut faire de bien meilleures séances, mais non pas du fait d’un stress ajouté, mais plutôt parce qu’on élimine le superflu et qu’on va à l’essentiel, et qu’on fait preuve d’une énergie plus entraînante…

    Mais quand il s’agit d’approfondir certaines dimensions de l’hypnose, avec beaucoup de sujets, la notion de temps ne sera pas négociable. C’est comme pour apprendre à jouer du violon.

    Comme l’ivresse peut s’obtenir plus vite par des alcools plus forts bus sans délais, mais il lui faudra quand même le temps de servir, de boire, puis que l’alcool « monte », et en fonction des personnes, l’effet sera plus ou moins fulgurant et fort. Après, on n’est pas obligé de trinquer et de porter un long toast à la mémoire de chaque camarade mort au front.

    Peux-ton accélérer le processus d’hypnose et comment ?

    Antoine GARNIER : Je ne crois pas qu’il y ait vraiment de techniques d’inductions qui accélèrent la réceptivité d’un sujet (disons presque pas), mais je crois qu’il existe des méthodes laborieuses qui perdent du temps dans des étapes inutiles. Et quand on parle d’induction rapide, c’est surtout parce qu’on essaye d’éviter ces pertes de temps et de revenir à un temps optimal ajusté aux besoins du sujet.

    Personnellement, je crois qu’il faut qu’un premier phénomène hypnotique arrive rapidement, quitte à en choisir un facile à obtenir, ainsi l’induction est amorcée et va pouvoir s’approfondir.

    Bref, non pas aller vite, mais aller à l’essentiel. L’induction artificielle par la suggestion et sans chimie d’un état de sommeil actif stable et exploitable va peut-être nécessiter du temps, donc inutile d’en perdre trop en prolégomènes. « Have you ever been in a trance before ? » + sourire entendu signifiant « so it’s time for you to go now », voilà comment Erickson commençait bien souvent, la discussion et les procédures qui suivent servent, nous dit-il, à laisser le temps à la personne d’exécuter cette première commande et d’aller en transe.

    Molton Spimoza : Je suis en train d’éplucher « Creative Choices »… C’est assez démonstratif de cet état d’esprit 🙂 ! (Il le dit d’ailleurs dans le livre, qu’il faut passer des heures à peaufiner ses interventions pour aller à l’essentiel justement… Conseil qu’il répète ailleurs dans ses écrits* (cf. note bas de page).

    Là je fais le chemin inverse, je tente de « dézipper » ses phrases pour mieux les comprendre 😁…

    Antoine Garnier : dézipper ses phrases est un travail génial. Je l’ai beaucoup beaucoup fait. J’avais même tenté à une époque de lancer un truc collectif là-dessus pour motiver d’autres gens à le faire ensuite sur internet. Mais sans succès. J’ai arrêté d’expliquer cet exercice à mes élèves (comme beaucoup d’autres exercices) quand je me suis rendu compte que PERSONNE ne prenait le temps de le faire.
    Perso, c’est peut-être là que j’ai le plus appris. Pas en traînant à toutes les formations de France et en collectionnant des certificats, mais en griffonnant des tas de cahiers d’analyse de phrases et de séquences de films d’Erickson.
    Parfois certaines phrases longues révèlent peu de présupposés, et parfois, certaines phrases très courtes et en apparence très anodines contiennent tellement de présupposés, sont tellement denses, qu’on comprend qu’il faille laisser du temps derrière pour que la dragée fonde et révèle toutes ses couches et tous ses effets

    Dezipper ses phrases ??? 

    Molton Spinoza : Dis-toi qu’Erickson a passé des heures et des heures pour choisir chacun des mots, à construire ses structures de phrases, de séances etc… (je rage ne pas avoir plus d’accès aux pauses & silence, au non verbal etc…).

    Donc quand il écrit quelque chose, c’est un concentré de présupposés, d’implications etc…

    Dézipper, c’est tenter d’accéder à ce contenu. : Tu prends phrase par phrase et tu décompresses, tu reconstitues les liens entre les phrases aussi pour dézipper aussi la structure de l’accompagnement…

    C’est passionnant comme exercice et ça me fait beaucoup progresser en cabinet, mais surtout c’est là que tu vois le génie d’Erickson 🙂 …

    Concernant tes propositions de routines, Antoine Garnier, (je me rappelle de tes 4 piliers que tu donnes en formation 🙂 ), perso le besoin s’active progressivement en moi au fur et à mesure que j’épluche le travail d’Erickson.

    Je crois que peu de personnes ont cheminé comme tu as pu le faire dans son boulot, et que ce travail de fourmi a un gros impact pour saisir l’intérêt de ces exos.

    Prenons par exemple le travail en autohypnose pour le cabinet, ben je comprends depuis peu à quoi ça va VRAIMENT me servir 🙂 (dernièrement par exemple, je bloque sur un sujet… Je sens que j’ai l’info pour gérer, mais je n’y arrive pas dans mon cadre habituel. >>> il me faut changer de cadre 😁😁 !)

    Donc vivement la prochaine formation chez Hansen Institute (je suis curieux de voir comment tu as modélisé ça 😁…) (plus d’infos : https://hansen-hypnose.com/formation-hypnose-resistances/ )

    Un participant :  Antoine Garnier merci d’avoir pris ici le temps de répondre avec autant de clarté et de précision, merci vraiment. Je suis heureux de me considérer comme un de tes élèves.
    C’est magistral et éblouissant !

    Présupposition et implications en hypnose

    Antoine Garnier : J’ajouterai que ça permet de se rendre compte pourquoi « vos paupières sont lourdes » est une suggestion indirecte, pourquoi l’invitation traditionnelle à s’endormir est une intuition opérationnelle géniale et une suggestion très puissante, et pourquoi des phrases comme « vous n’entendrez que ma voix » sont absolument techniquement des coups de génie. Ou encore pourquoi poser ses mains sur le dos d’une personne n’aide pas à le sécuriser mais au contraire à basculer en arrière.

    Dire à quelqu’un « Comment décririez-vous le sommeil dans lequel vous êtes, là, maintenant ? » Par exemple. C’est lui dire :

    • vous êtes dans un état particulier
    • dans cet état vous pouvez m’entendre
    • dans cet état vous pouvez m’écouter
    • dans cet état vous pouvez réfléchir à mes questions et même verbaliser des réponses
    • dans cet état, vous pouvez avoir conscience d’être dans cet état, et même l’examiner minutieusement sans pour autant que ça vous en fasse sortir
    • Par commodité, cet été, je lui ai donné le sobriquet de « sommeil », mais dans vous comprenez bien que c’est dans un sens métaphorique puisqu’il a des caractéristiques assez différentes du sommeil ordinaire
    • cela dit, si j’en ai parlé comme d’un « sommeil », une sorte bien spéciale de sommeil en somme, c’est surement parce que, par certains aspects, cet état fait penser au sommeil, donc non pas par les aspects que nous avons explicités ci-dessus, mais par d’autres aspects, et c’est peut-être justement cela que vous pourrez examiner et me décrire.
    • il pourrait s’agir des anesthésies, des hallucinations, du rêve, de la distorsion de la perception du temps, de la relaxation musculaire…

    Alors si ensuite je demande : « Et décrivez-moi comment ce sommeil devient plus profond encore ? » Je ne vous dis pas l’effet, en peu de phrases !

    Faire des suggestions très denses, concises, d’apparences simples mais qui soulèvent de nombreuses commandes hypnotiques, c’est un milliard de fois plus valable que de faire monologues logorrhéiques bourrés de constructions linguistiques alambiquées, de jargon technique et de métaphores évidentes, pour obtenir quelques pauvres petits phénomènes au petit bonheur la chance.

    On admire parfois des hypnotistes pour leur maîtrise apparente d’acrobaties verbales, d’envolées lyriques « inspirational », de moments de grâces d’improvisation théâtrale… Mais ce n’est pas ça l’art consommé de la précision et de la densité suggestive, et ce n’est pas ça l’élégance stylistique, bien au contraire.

    Et je crois que les expérimentations scientifiques nécessitent encore plus de conscience de la portée des présuppositions qu’elles n’en ont déjà. En effet, l’hypnose est extrêmement sensible à la suggestion, et cela rend très difficile de s’appuyer sur les conclusions des études faites par la suggestion.

    Pourquoi utiliser tous ces présupposés en hypnose ?

    Un participant : Je ne veux pas jouer les trouble-fête, et bien que j’admire comme tous ici ce que tu enseignes, quelque chose m’échappe…. mais je mets cela sur le compte de un probable manque d’érudition et d’expérience par rapport aux autres lecteurs de ce fil.
    Je ne comprends pas l’intérêt de cette accumulation de présupposés (et de leur décorticage systématique) (même si je le montre en formation pour leur dire d’être attentif mais bon…je ne suis pas si convaincu que cela change tout…) dans le sens où tu dis « ce n’est pas la même chose de dire… » ah bon? Mais pourtant on vise le même but. Pourquoi tant d’indirectivité?… je veux dire qu’un sujet réceptif ira à peu près au même endroit quelle que soit la phrase (il ira en transe) et un moins réceptif aura besoin de temps, de détail et de progressivité…
    Il me semble qu’au-delà de ses petites phrases, Erickson (mais je l’ai moins étudié que toi très certainement) disait quand même globalement « go deep into a trance NOW! » si ça marchait bien et sinon prenait 6heures pour faire développer des phénomènes…
    J’imagine le plaisir intellectuel à ce décorticage mais je ne vois pas bien le but pragmatique. (Pardon si je perds toute crédibilité !)

    Deuxième point: je comprends que les envolées lyriques « gnangnan » comme on les voit ça et la t’agacent mais malgré tout la thérapie n’est pas qu’opératoire ou stratégique, elle mène les gens à des réinterprétations de contenus de conscience, a des alternatives dans leurs visions du monde, à l’accès à des idées plus belles, justes ou vraies ou « meaningful » et cela peut passer par un langage plus …vivant? poétique? En tout cas pas que technique. Et même s’il est co-construis avec le patient, la beauté et le sens peuvent ne pas y être étrangers… non?

    Antoine Garnier : En effet, toutes les « finesses » n’ont pas une incidence très importantes.

    Par exemple, on enseigne souvent de dire « La main » au lieu de « Ta main » quand on souhaite obtenir un phénomène dissociatif, mais je n’ai JAMAIS observé de différence de résultat entre l’une et l’autre des formulations.

    Par contre, je pense que dire « Est-ce que quelqu’un vous a déjà hypnotisé ? » ou « Est-ce que quelqu’un vous a déjà aider à développer un état hypnotique ? » ça porte des nuances qui, aux passages, donnent des explications différentes sur la pratique, tout en économisant un chapitre entier sur « L’hypnose, c’est quelque chose qui se passe en vous, et mon rôle n’est que de vous aider à la développer, bla-bla… »

    Beaucoup d’infos peuvent être données en très peu de mots.

    L’intérêt ? Gain de temps

    Autre intérêt à la présupposition : ne pas questionner certains aspects qu’on veut faire accepter de toute façon.

    Par exemple, si je dis : « Quand je dirai le mot Soleil, vos yeux se fermeront tous seuls », la personne est focalisée sur ces affirmation assez présomptueuse et peut légitimement douter d’un tel effet.
    Si je lui dis « A votre avis, quel mot serait approprié que je prononce pour déclencher dans vos paupières l’instruction qu’elles se ferment elles-mêmes à leur propre rythme ? »
    Si la personne réfléchit et me répond, son attention a été focalisée sur un détail peu signifiant et elle a accepté l’idée du phénomène. Si elle me répond « Euh par exemple j’imagine que vous pourriez dire Lourdeur » , et bien elle s’est en quelques sortes autopiégée, et engagée à ce que ses paupières se ferment au mot lourdeur.

    C’est exactement le même procédé si je lui demande : où préférez-vous vous installer (pour entrer en hypnose) ?

    Le présupposé est : vous allez entrer en hypnose, ça ce n’est pas négociable, mais ça peut être à différents endroits et si vous voulez, je vous laisse le choix de l’endroit.

    Mais si je le disais comme ça. « Vous allez entrer en hypnose. Choisissez maintenant l’endroit pour y entrer ». Je mettrai un peu trop l’accent sur ce que je veux faire passer et je prendrai davantage le risque que la personne me réponde : euh, mais qu’est-ce qui vous fait être si sûr que j’entrerai en hypnose, vous savez, je ne suis pas si facile, moi.

    Deuxième avantage : limiter les résistances sur les points essentiels

    Je donne un autre exemple. Dire à quelqu’un « Vous serez dans un état si profond qu’en vous réveillant, vous allez développer une amnésie partielle sur une partie de la séance », c’est faire une présomption assez audacieuse encore une fois, et c’est présenter le phénomène de manière un peu flippante pour beaucoup de gens. Et ce n’est pas une formulation très « naturaliste ».

    Si je dis « Vous avez plutôt une bonne mémoire, vous ? Oui, donc très bien, en réveillant tout à l’heure, vous arrivez assez facilement à vous rappeler d’une bonne partie de ce que vous aurez vécu en hypnose, j’imagine ».
    Ca contient les mêmes infos en gros, mais formulé très différemment, et donc ça ne provoquera pas forcément la même réaction, ça glissera peut-être mieux sur l’instant pour venir suggestionner discrètement.

    Troisième avantage : façonner une expérience sur-mesure

    Si je dis :

    • « En réalité, l’hypnose n’est pas du sommeil »
    • « En réalité, l’hypnose n’est pas tout-à-fait du sommeil »
    • « En réalité, l’hypnose n’est pas un sommeil ordinaire »
    • « En réalité, l’hypnose n’est surtout pas du sommeil »
    • « En réalité, l’hypnose est tout sauf du sommeil »
    • « En réalité, l’hypnose n’est pas que du sommeil »
    • « En réalité, l’hypnose n’est pas tout de suite du sommeil »
    • « En réalité, l’hypnose est bien plus que du sommeil »
    • « En réalité, l’hypnose est une forme de sommeil dans un premier temps »

    Il y a de grande chose que chacune de ce phrase aide la personne à développer une expérience assez différente.

    J’ai parfois observé des séances où le sujet disait à la fin : « C’était très léger, je suis resté très présent tout du long, et je ne suis pas sûr d’avoir été en hypnose » et où l’opérateur s’étonnait de ce feed-back à la fin alors qu’il était assez clair que ça correspondait plutôt bien à une bonne façon d’avoir répondu aux suggestions de l’opérateur, notamment dans son pré-talk trop prudent.

    Après, ça ne veut pas dire que ce type de feed-back n’arrive pas de toute façon.

    A propos des envolées lyriques en hypnose

    Antoine Garnier : Sur la question des envolées lyriques, je ne suis pas tout-à-fait d’accord. J’ai cette fâcheuse manie personnellement, et évidemment, je ne dis pas que ça n’est jamais bien et utile, mais je crois que l’inspiration, l’élan doit jaillir dans la personne pour la portée, et résulter de l’expérience qu’elle a vécue, plutôt que d’être tirée, aspirée de l’extérieur par le talent oratoire d’un autre. Ponctuellement, ok, mais ce n’est pas une solution à terme. Remonter les gens comme des pendules nécessitent de les remonter régulièrement.

    Sur l’intérêt de l’exercice, je le trouve simple et systématique. Or, je suis assez partisan de la gymnastique. Comprendre comment ça marche, c’est une chose, mais avec des réflexes ancrés en soit pour formuler ou décrypter en profondeur les présupposés, je pense que ça passe mieux par des centaines d’heure de répétition d’un exercice simple et systématique.

    Et par exemple, quand j’accompagne les gens dans l’imaginaire par le questionnement pour tâcher d’induire un approfondissement hypnotique chez des gens qui développent peut d’imaginaire en hypnose, j’ai le sentiment que ces exercices m’aident à formuler des questions simples mais qui amènent la personne là où il faut

    Commentaire du participant : Bon je n’avais en effet pas tout compris.
    Sur les présupposés je dis un peu comme toi et j’y passe du temps en formation (c’est effectivement important) donc je crois qu’on est assez d’accord. Je réinsisterai sur l’importance du principe, peut-être pas assez insisté…

    Sur l’exercice lui-même je ne suis pas assez systématique c’est clair, mais je l’ai déjà proposé en cours, mais peut-être devrais-je m’y entraîner un peu plus, et le faire de façon systématique et pas « quad il y a le temps » je prends ton conseil avec plaisir.
    Et sur le lyrico poétique c’est un débat intéressant sur ce qui vient de moi et de l’autre et sur ce qui est négocié et co construit… j’entends bien ce que tu dis.
    Merci en tout cas d’avoir pris le temps. C’est précieux et je te relirai attentivement à tête reposée. Se remettre en question n’est que rarement perdu donc merci.

    Antoine Garnier : Soyons clairs, sur la critique des envolées lyriques, c’est surtout une autocritique.

    Certains sont venus à l’hypnose parce que leur facilité de langage collait avec une pratique du monologue inspiré. C’est mon cas.
    Disons que je ne m’impressionne plus moi-même du côté prédicateur « motivationnal » que je peux me laisser aller à avoir parfois en séances.
    D’ailleurs en cours, je tâche dans les démos de le laisser de côté pour éviter que les gens ne le copient.

    Çà me demande tellement de travail de tâcher d’être plus dense, efficace, et d’apprendre à me taire, que je préfère leur économiser ça en leur apprenant d’abord à ce taire. D’ailleurs beaucoup y arrivent rapidement mieux que moi.

    (*1) QUELQUES REMARQUES DE MILTON ERICKSON

    « Lorsque vous planifiez une série de suggestions, écrivez-les d’abord. Ensuite, vous pouvez les sélectionner plus facilement pour leur signification réelle. Vous pouvez modifier le libellé pour voir l’avantage de placer une phrase ou une clause en premier et une seconde ;
     

    Vous essayez d’analyser votre suggestion dans le but de faire une pause à un endroit particulier pour mettre l’accent sur un mot spécifique afin qu’un mot se démarque. Il y a des années, j’écrivais environ 40 pages de suggestions que je condenserais à 20 pages et puis jusqu’à 10. Ensuite, je reformulerais soigneusement et utiliserais chaque mot et chaque phrase de sorte que je résumerais finalement le texte en cinq pages environ. Tous ceux qui sont sérieux au sujet de l’apprentissage des suggestions d’apprentissage doivent suivre ce processus pour vraiment prendre conscience de ce qu’ils disent vraiment.

    Je ne suis pas le moins du monde timide pour hésiter, faire une pause ou même délibérément bégayer sur des mots. Il est possible que je prononce mal un mot puissant parce que c’est le mot que je veux que les patients entendent. Je veux que ce mot résonne correctement dans leur esprit. Si je le prononce légèrement mal, ils le corrigent mentalement, mais ce sont eux qui le disent; ils se sont joints à moi pour dire ce mot, et lorsqu’ils se joignent à moi pour le dire, ils se font la suggestion.

    Les sujets devraient participer. Ce ne sont pas des gens indifférents et placides quand ils sont en transe. Ils devraient participer beaucoup plus que vous parce que vous leur proposez une multitude de suggestions, sachant au mieux, ils vont choisir celui-ci ici, celui-là, et encore un autre là-bas sur lequel agir. Je vois que trop de gens utilisent l’hypnose pour faire en sorte qu’un sujet donne suite à toutes les suggestions données, et bien sûr, le sujet ne suit pas.
     

    J’ai vu un étudiant travailler avec la technique de la lévitation à la main et essayer laborieusement de relever le petit doigt, le troisième doigt, le petit doigt, l’index, puis le pouce, la paume et le reste. L’étudiant était tellement occupé par les mains qu’il en a oublié le sujet. Vous devez rester totalement conscient de votre sujet tout le temps… (Intégrales de Milton Erickson – Tom 1)

    Dominik

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