L’Hypnose médicale réservée aux médecins, la psychothérapie aux psychologues : quelle place pour le Praticien en hypnose ?

L’hypnose médicale une pratique réservée aux seuls médecins ?

Hypnose médicale

La réponse tombe sous le sens : le médical est le champ d’intervention du médecin. Le rôle du médical est d’apaiser, de traiter les douleurs, de soigner… Ne serait-il pas dangereux de soulager une douleur et de masquer ainsi le « signal d’alarme », le symptôme qui nécessite un traitement, un soin, ou une opération… ?

L’hypnose médicale vise à soulager, elle doit par conséquent être réservée aux seuls médecins, ou déléguée, par ordonnance à un personnel qualifié (infirmier/ère).

Et qu’en est-il de l’hypnothérapie ? Le praticien en hypnose peut-il se prétendre du titre d’hypnothérapeute ?

Le décret du 20 mai 2010 relatif à l’usage du titre de psychothérapeute, modifié par le décret du 7 mai 2012 réglemente l’usage de ce titre. L’inscription sur le registre des psychothérapeutes est subordonnée à la validation d’une formation en psychopathologie clinique, réservée aux titulaires :

  • d’un diplôme de niveau doctorat donnant le droit d’exercer la médecine en France,
  • d’un diplôme de niveau master dont la spécialité ou la mention est la psychologie ou la psychanalyse.

Malgré qu’il n’y ait pas de texte et de législation précise sur le terme d’hynothérapeute en France, il y là une limite ténue laissée à l’appréciation de la jurisprudence. Et le Ministre de la Santé s’est positionné clairement face à une demande d’un syndicat professionnel (le SNH) qui visait une reconnaissance du métier d’hypnothérapeute et d’un diplôme RNCP. Le Sénat a tranché par un refus catégorique – texte ci-dessous :

Il convient d’apporter des précisions sur les éléments qui ont conduit la ministre du travail en collaboration avec les services du ministère chargé de la santé à refuser l’enregistrement de la certification « « hypnothérapeute » au Registre national de la certification professionnelle (RNCP). Les hypnothérapeutes différencient la pratique de l’hypnose dit « de mieux être », dans laquelle ils inscrivent la certification qu’ils portent et qui constituerait, selon eux, un métier à part entière, de l’hypnose à visée médicale, Or, le contenu du dossier déposé auprès de la Commission nationale de certification professionnelle (CNCP) a montré les points d’attention suivants : l’usage du terme d’hypnothérapeute peut laisser à penser pour le public la réalisation d’un diagnostic et la mise en œuvre d’un protocole de soins propre au corps médical. De même, le spectre des domaines pouvant être abordés par l’hypnothérapeute est large et recouvre certains champs qui sont habituellement traités par la médecine conventionnelle (état dépressifs, douleurs chroniques, mal-être sans causes précises, burn-out, sevrage en hypnotique…). Au regard du contenu, de l’organisation et de la durée des formations académiques sur plusieurs années en matière de médecine conventionnelle, la durée des formations menant à la certification d’« hypnothérapeute confirmé » sont fixées à vingt jours, selon le site internet de l’organisme qui a sollicité la certification. Ainsi, cette activité ne saurait se distinguer d’un métier relevant du champ médical dont elle pourrait constituer un complément d’activités. Dans ce prolongement, la jurisprudence de la Cour de Cassation dans un arrêt du 9 mars 2010 précise que l’exercice notamment de l’hypnose dans un cadre autre que médical s’apparente à l’exercice illégal de la médecine (n° 09-81.778 de la chambre criminelle du 9 mars 2010). En conséquence, cette certification ne répond pas aux exigences posées par l’article R. 335-17 du code de l’éducation qui exige un métier à part entière et ne peut faire l’objet d’une inscription au RNCP. Toutefois, notamment dans le cadre hospitalier, l’hypnose reste une pratique qui a toute sa place dans la prise en charge soignante. Des études scientifiques basées sur une démarche scientifique académique en ont par ailleurs reconnu l’utilité médicale pour certaines pathologies (rapport de l’Inserm intitulé : « évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose » établi en juin 2015).

Réponse du Ministère des solidarités et de la santé, publiée dans le JO Sénat du 13/12/2018 – page 6468

Pour Hansen Institute, la pratique de l’hypnose à visée thérapeutique sera placée sous l’égide du Coaching Solutionniste

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Et d’abord un aveu : l’hypnose médicale ne nous intéresse pas tellement ! Non pas parce qu’elle est réservée aux seuls médecins… Non pas parce qu’elle n’est pas très intéressante techniquement (la technique se limite souvent à de la distraction – « imaginez-vous à plage… » ou à du monologue et des transes légères)… Mais parce qu’elle est largement insuffisante pour obtenir des changements en profondeur (rappelons-nous, elle a été abandonnée par Freud, Charcot, etc. pour son inefficacité thérapeutique, passé l’effet de la suggestion).

Et ceux qui me connaissent le savent : J’ai une affinité particulière pour l’oeuvre d’Erickson. Car au-delà d’être un extraordinaire hypnotiste qui a su adapter ses techniques aux besoins thérapeutiques de ses patients, il était aussi un grand stratège. Son art consistait à contourner les résistances lors de ses inductions hypnotiques, mais surtout à construire des stratégies d’accompagnement incroyablement astucieuses et efficaces! Et lorsqu’on parcourt la littérature, qu’il s’agisse de thérapie brève de l’école Palo Halto, de la PNL de Grinder, Bandler et Robert Dilts… du Coaching de Whitmore, et tous les autres courants d’hypnothérapie qui découlent du renouveau d’Erickson, on retrouve partout les stratégies de ce Génie!

Et c’est de cette inspiration que nous nous sommes nourris, pour créer le Coaching Solutionniste, un coaching qui vise à utiliser stratégiquement l’hypnose, telle que le faisait Erickson, suivi d’O’Hanlon, de De Shazer, Jeffrey Zeig, etc. Mais aussi inspiré de l’école Palo Halto, Watzlawick, Farelli, Whitmore, avec toujours comme le veut la stratégie éricksonienne, une orientation ressources, solutions, un langage précis et puissant, une maïeutique et un questionnement puissant qui vise à la prise de conscience et l’appropriation des changements par le client
Pour en savoir un plus sur cette pratique, et intégrer déjà quelques techniques dans votre travail de professionnel de l’accompagnement, découvrez quelques unes des techniques et stratégies du Coaching Solutionniste ici.

Dominik Hansen

Dominik

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