La thérapie brève orienté solutions : une approche innovante de la thérapie brève

Inspirée des travaux sur la théorie des systèmes de Gregory Bateson et fondée par Steve de Shazer et Insoo Kim Berg, la thérapie brève orientée solutions (ou « Thérapie Brève Solutionniste ») est une approche dirigée vers un objectif de changement thérapeutique basé sur un modèle et des questions précises : l’entretien solutionniste.

La thérapie brève orientée solutions se concentre sur ce que les clients veulent accomplir sans explorer l’histoire et la provenance des problèmes.

Les séances de thérapie brève orientée solutions se concentrent généralement sur le présent et l’avenir, en explorant le passé uniquement dans la mesure nécessaire pour communiquer l’empathie et une compréhension précise des préoccupations du client.

La thérapie brève solutionniste est ainsi aux prémices d’une approche coaching axé sur les solutions : le coaching solutionniste qui prend appui sur le modèle d’hypnose éricksonienne axé ressources, et les outils de changements de la PNL de troisième génération.

Histoire et fondement de la thérapie brève orientée solutions

La thérapie brève orientée solutions a été développée par Steve de Shazer, Insoo Kim Berg, et leurs collègues du Brief Family Therapy Center, Milwaukee, dans les années 1970. Elle prend appui sur le travail de Milton H. Erickson, les travaux de Gregory Bateson, et de la thérapie brève (Watzlawick…). 

thérapie brève orientée solutions

La thérapie brève orientée solutions diffère des thérapies axés sur les problèmes et l’analyse du passé. Elle se concentre sur la recherche de solutions et ne s’occupe que de façon minimale de la définition ou de la compréhension des problèmes présentés. Elle est généralement très brève, de l’ordre de quatre à huit séances. 

La thérapie brève axée sur les solutions vise à donner une nouvelle définition du problème pour trouver les clés qui permettre, de produire rapidement des changements. L’entretien solutionniste explore les solutions préférées du client pour co-construire son objectif. Il inclue la recherche des valeurs essentielles et leviers de changements, la recherche de ressources, d’exceptions, la «question miracle» et les évaluations des échelles de progrès.

Hypothèses et postulats de la thérapie brève orientée solutions (selon Steve de Shazer)

  1. Parmi les plaintes des clients, il y a des comportements qui sont induits par l’image qu’il se font du monde
  2. Ce qui fait que les plaintes du client perdurent, c’est leur idée que ce qu’ils ont décidés de faire par rapport à la difficulté de départ était logiquement la seule chose à faire. A partir de là les clients se comportent comme s’ils étaient contraints de faire plus de la même chose
  3. Des changements minimaux sont nécessaires pour mettre en route le processus de résolution des plaintes et, une fois que le changement a commencé (ce qui constitue la tâche du thérapeute) d’autres changements créés par le client surviendront par « effet boule de neige »
  4. L’idée de ce qu’il faut changer se forme à partir de l’idée que se fait le client de ce que serait la réalité si la plainte en question n’existait pas.
  5. On peut se contenter de suggérer de nouvelles façons de voir, et un nouveau comportement s’appuyant sur n’importe quelle redéfinition du problème peut permettre au client de trouver une solution.
  6. En thérapie brève on veille à accorder une attention toute particulière au concept systémique de « globalité » (holisme) : un changement survenant au niveau d’un élément du système ou au niveau d’une des relations entre différents éléments de ce système, affectera les autres éléments et les relations qui, ensemble, forment ce système.

Principaux outils et techniques de la thérapie brève solutionniste

  • Interroger et valoriser les forces, les succès, les réalisations et les ressources des clients (chercher ce qui marche déjà et comment l’utiliser)
  • Co-construire un objectifs formulés en termes concrets et positifs (c’est-à-dire ce que les clients veulent être présents, plutôt qu’une description de l’absence de problèmes)
  • La « question miracle » comme une façon tournée vers l’avenir d’envisager une vie plus satisfaisante
  • Rechercher et utiliser les exceptions au problème
  • Mettre à l’échelle les questions qui aident à éloigner les clients d’une pensée exclusive
  • Faire face aux questions qui peuvent aider à engendrer un sentiment d’espoir et de contrôle.`Prescrire des tâches thérapeutiques permettant d’apporter un changement dans le processus du client.
  • Pour plus de précisions sur les outils de la thérapie brève orientée solution, je vous renvoie vers cet excellent article sur les techniques et interventions courantes du modèle solutionniste

Quelques concepts et citations de Steve de Shazer

« Chercher de l’aide, c’est soumettre la nature de son problème et les remèdes possibles à une redéfinition par quelqu’un d’étranger ou d’extérieur, un thérapeute par exemple… »

Steve de Shazer

« Dans une approche thérapeutique orientée solutions, ce sont les objectifs qui comptent. Sans objectifs, thérapeutes et clients sont incapables de déterminer quand la thérapie a réussi ou échoué. Sans objectifs, les clients et thérapeutes tournent en rond, comme le faisait déjà le client tout seul dans ses efforts vains pour résoudre sa difficulté. D’où une règle toute simple : les thérapeutes ont besoin de savoir ce qu’il ne faut pas faire, et ce que les clients ont déjà tentés représente généralement le meilleur exemple. Toutefois, étant donné qu’il est souvent difficile pour le client de définir un objectif, les thérapeutes se doivent de définir les problèmes de manière à dégager un objectif et une image du futur…. »

Steve de Shazer

« Les plaintes des clients sont semblables aux serrures fermées de portes qui s’ouvrent sur une vie plus satisfaisante.Les clients ont essayé tout ce qui leur paraissait raisonnable, juste et bien, et ce qu’ils ont tenté était fondé sur leur propre perception de la réalité, mais leur porte est restée close. Ils pensent par conséquent qu’il n’y a pas de solution à leur situation. Cela les conduit souvent à des efforts de plus en plus importants pour comprendre pourquoi la serrure est comme elle est ou pourquoi elle ne s’ouvre pas. Pourtant il est clair que les solutions doivent se trouver plutôt dans les clés que dans les serrures, et que les passe-partout (de différente sortes) peuvent ouvrir un grand nombre de serrures différentes. Il suffit qu’une intervention convienne pour qu’une solution puisse émerger Il n’est pas nécessaire qu’elle égale la complexité de la serrure. Le simple fait que le problème présenté par le client soit compliqué n’entraîne pas que la solution doive l’être également. »

Steve de Shazer

« Chaque plainte est différente, et les différentes solutions potentielles passent par les portes qui possèdent les serrures et les charnières les mieux lubrifiées. Ensemble, le thérapeute et le client doivent découvrir quelle porte pourrait être la plus facile à ouvrir. »

Steve de Shazer

Ainsi, « l’analyse des problèmes ne risque que de produire plus de la même chose », alors que « se centrer sur les solutions fait s’ouvrir les portes »

Steve de Shazer

Sources : Clés et solutions en thérapie brève de Steve de Shazer

Dominik

  1. […] La thérapie brève orientée solutions– […]

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