On entend de plus en plus parler de « PNL de 3e génération » ou de « PNL générative ». Mais que recouvre exactement ce terme ? D’où vient-il, en quoi se distingue-t-il de la PNL « classique », et qu’apporte-t-il concrètement aux thérapeutes, aux coachs et aux professionnels de l’accompagnement ?
En résumé
- La notion de « générations » de PNL a été proposée par Robert Dilts et ses collègues pour décrire l’évolution de la discipline depuis les années 1970.
- La 1re génération se centrait sur le comportement et les problèmes, la 2e sur les croyances, les valeurs et la relation, la 3e sur l’identité, la vision et le lien aux systèmes plus larges.
- La 3e génération est une évolution de la pratique et de ses objectifs, pas une validation scientifique de la PNL.
D’où vient la notion de « générations » en PNL ?
La Programmation Neuro-Linguistique est née au début des années 1970, en Californie, des travaux de Richard Bandler et John Grinder, sous l’influence de l’anthropologue Gregory Bateson. Leur démarche : modéliser la manière de travailler de thérapeutes exceptionnels, comme le psychiatre et hypnothérapeute Milton Erickson, Virginia Satir, pionnière de la thérapie familiale, ou Fritz Perls, fondateur de la Gestalt-thérapie.
Plusieurs décennies plus tard, Robert Dilts, Judith DeLozier et Deborah Bacon Dilts ont proposé de lire l’histoire de la PNL en trois « générations », notamment dans leur ouvrage NLP II: The Next Generation. Chacune élargit le champ de la précédente sans l’effacer.
| Génération | Période | Question centrale | Niveau de travail |
|---|---|---|---|
| 1re génération | Années 1970 | Comment résoudre ce problème ? | Comportements et capacités, dans un cadre surtout thérapeutique et individuel |
| 2e génération | Années 1980-1990 | Pourquoi est-ce important pour moi ? | Croyances, valeurs, relation aux autres ; ouverture à l’éducation, à l’entreprise, à la santé |
| 3e génération | Depuis les années 2000 | Qui suis-je, et pour quoi ? | Identité, vision, mission, lien aux systèmes plus larges ; approche dite « générative » |
La PNL de 1re génération : résoudre des problèmes
La première PNL est très pragmatique. Elle vise à soulager une souffrance ou à atteindre un objectif précis, en se centrant sur le symptôme et sur le comportement de la personne. C’est l’époque de la naissance des grands outils qui restent aujourd’hui au cœur de toute formation : le méta-modèle et le Milton Modèle, les ancrages, le recadrage, les sous-modalités ou la modélisation de stratégies.
Son point fort est son efficacité sur des demandes ciblées, comme une peur ou un comportement que l’on souhaite changer. Sa limite apparaît lorsque la difficulté touche à des dimensions plus profondes de la personne : ses valeurs, son identité, ses relations.
La PNL de 2e génération : croyances, valeurs et relations
Dans les années 1980 et 1990, la PNL élargit son champ. La question du « pourquoi » devient centrale : quelles croyances, quelles valeurs, quels métaprogrammes sous-tendent nos comportements ? La relation à l’autre prend aussi une place nouvelle, avec par exemple les positions perceptuelles, qui invitent à percevoir une situation de son propre point de vue, de celui de l’autre, puis d’un observateur extérieur. C’est aussi l’essor du travail sur la ligne du temps.
La PNL sort alors du cabinet du thérapeute pour s’appliquer à l’éducation, au management, à la santé et au coaching. Plusieurs figures marquent cette période :
- Robert Dilts, qui développe notamment les niveaux logiques, la stratégie de créativité de Walt Disney et de nombreux travaux sur les croyances ;
- Judith DeLozier, co-autrice de nombreux modèles avec Robert Dilts ;
- Steve et Connirae Andreas, auteurs de nombreux ouvrages et techniques, en particulier sur les croyances, l’identité et les émotions difficiles.
Les niveaux logiques de Robert Dilts
Inspirés des travaux de Gregory Bateson, les niveaux logiques sont l’un des modèles les plus utilisés en PNL et en coaching. Ils proposent de distinguer plusieurs niveaux d’expérience, du plus concret au plus global : l’environnement (où, quand, avec qui), les comportements (ce que je fais), les capacités (comment je le fais), les croyances et valeurs (pourquoi c’est important), l’identité (qui je suis) et, au-delà, la dimension d’appartenance ou de mission (pour qui, pour quoi).
En accompagnement, ce modèle aide à repérer à quel niveau se situe vraiment une difficulté. Une personne qui dit « je n’arrive pas à parler en public » peut avoir besoin d’une technique (capacité), mais parfois aussi de revisiter une croyance (« ce que je dis n’intéresse personne ») ou une question d’identité (« je ne suis pas quelqu’un qui prend la parole »). Un changement à un niveau supérieur entraîne souvent des changements aux niveaux inférieurs.
La PNL de 3e génération : une approche générative
La PNL de 3e génération, développée à partir des années 2000 par Robert Dilts, Judith DeLozier et leurs collègues, en dialogue avec le psychologue et hypnothérapeute Stephen Gilligan, s’intéresse aux niveaux les plus élevés de l’expérience : l’identité, la vision, la mission et le sentiment d’appartenance à quelque chose de plus grand que soi.
Elle ne vise plus seulement à résoudre un problème, mais à permettre à la personne de générer de nouvelles réponses, de nouvelles possibilités, et de grandir. On parle d’ailleurs de PNL, de coaching ou de changement « génératif ».
Trois « esprits » au lieu d’un
Là où la PNL d’origine travaillait surtout avec l’esprit cognitif, la 3e génération prend en compte trois dimensions de l’intelligence humaine :
- L’esprit cognitif, celui du cerveau : représentations, langage, raisonnement.
- L’esprit somatique, celui du corps : sensations, émotions, posture. La notion de centrage y est essentielle : un état de présence calme et ancrée, à partir duquel le changement devient possible.
- L’esprit du champ, celui des relations et des systèmes dont nous faisons partie : famille, équipe, organisation, société.
Dans cette perspective, l’accompagnant n’est plus seulement un technicien qui applique un protocole. Il devient celui qui aide la personne à éveiller ses propres ressources : « éveiller plutôt qu’enseigner », selon une formule souvent associée à cette approche. Le praticien soutient et reconnaît ce qui cherche à émerger chez la personne, ce que Robert Dilts appelle le sponsoring.
La PNL de 3e génération est-elle « plus scientifique » ?
Il est important de ne pas confondre les deux. La 3e génération décrit une évolution des objectifs et de la pratique de la PNL, pas une validation scientifique. Certaines hypothèses de la PNL d’origine, comme le « système de représentation préféré » repérable au regard, n’ont pas été confirmées par la recherche, et cela vaut quelle que soit la génération.
En revanche, de nombreux outils de la PNL rejoignent des mécanismes bien étudiés en psychologie, et l’on retrouve des parallèles avec les thérapies cognitives et comportementales (TCC) :
- le travail sur les représentations et les croyances rejoint la restructuration cognitive ;
- la projection dans l’avenir pour « tester » un nouveau comportement (le future pacing) rappelle les répétitions mentales et les expériences comportementales ;
- la clarification d’objectifs, l’imagerie mentale et la qualité de la relation d’accompagnement font partie des facteurs de changement les mieux documentés.
Une pratique sérieuse de la PNL, quelle que soit sa génération, consiste donc à utiliser ces outils avec rigueur, en connaissant leurs limites. Pour approfondir : PNL et validation scientifique et notre analyse critique des mécanismes de changement en PNL.
Quels apports pour les thérapeutes et les coachs ?
- En thérapie brève et en hypnose : le centrage, l’attention au corps et le travail sur les ressources rejoignent naturellement l’approche ericksonienne. Voir aussi PNL et thérapie.
- En coaching : les niveaux logiques et le travail sur la vision et l’identité permettent d’accompagner des transitions de vie ou de carrière, au-delà d’objectifs ponctuels.
- En management et en leadership : l’attention au « champ » et à la mission aide à fédérer une équipe autour d’un sens partagé.
Ces apports ne remplacent pas les outils de base : pour pouvoir travailler au niveau de l’identité ou de la vision, il faut d’abord maîtriser l’entretien, le questionnement, les ancrages et le travail sur les croyances. C’est tout l’objet d’une formation de praticien.
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Un cursus Technicien puis Praticien en PNL de 12 jours, en petit groupe à Lescar (près de Pau), qui intègre les apports des trois générations : des outils fondamentaux aux niveaux logiques, aux croyances et à l’identité. Pour accompagner dans un cadre thérapeutique, la formation de Psychopraticien y ajoute 2 jours de psychopathologie clinique.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la PNL de 3e génération ?
C’est l’évolution de la PNL développée depuis les années 2000 par Robert Dilts, Judith DeLozier et leurs collègues. Elle s’intéresse à l’identité, à la vision et au lien aux systèmes plus larges, et prend en compte trois dimensions : l’esprit cognitif, l’esprit somatique et l’esprit du champ.
Quelle différence avec la PNL classique ?
La PNL de 1re génération se centrait sur la résolution de problèmes et le comportement. La 3e génération conserve ces outils, mais vise davantage la croissance de la personne et l’émergence de nouvelles possibilités, en intégrant le corps et les relations.
Qu’est-ce que les niveaux logiques de Dilts ?
C’est un modèle qui distingue plusieurs niveaux d’expérience : environnement, comportements, capacités, croyances et valeurs, identité et mission. Il aide à repérer à quel niveau se situe une difficulté et à choisir le bon levier de changement.
Pour aller plus loin
- Formation en PNL : comment bien choisir
- La construction de notre carte du monde en PNL
- Modélisation et stratégies en PNL
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Référence : Robert Dilts, Judith DeLozier, Deborah Bacon Dilts, NLP II: The Next Generation, Meta Publications.
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