Avons-nous des « Clients » ou des « Patients »?

    Lorsqu’on est hypno, doit-on parler de Clients ou de Patients ? Cette question fait régulièrement la une des forums, et ouvre des débats animés parmi les hypnothérapeutes. Voyons ce qu’en pense Carl Rogers qui nous donne une piste de réflexion intéressante sur cette question…

    Outre le cadre légal (rappelons qu’un hypno-praticien n’est ni psychologue, ni médecin, ni psychothérapeute, ce qui oriente déjà un peu la réponse à cette question), revenons quelques années en arrière pour nous intéresser à un phénomène bien plus intéressant.

    Intéressons-nous à un courant de la psychologie qui a largement influencé la psychothérapie dans les années 60, et permis à des non-psy de devenir légitimes pour exercer dans le domaine de la psychothérapie et de l’accompagnement : l’Approche Centrée sur la Personne (ACP) de Carl Rogers.

    L’approche centrée sur la personne de Carl Rogers

    L’Approche Centrée sur la Personne (ACP), est une méthode mise au point par le célèbre psychologue américain Carl Rogers (1902 – 1987). La particularité de cette approche est de se centrer sur la personne et non sur un problème, une maladie ou un symptôme particulier.

    L’ACP repose sur la conviction que l’homme possède un fort potentiel d’évolution et d’épanouissement inné qui se développe de lui-même pour peu qu’il bénéficie d’un contexte favorable. Il s’agit donc de relancer ce processus spontané qui a été entravé.

    L’immense popularité de l’ACP tient autant à la pensée révolutionnaire qu’au rayonnement personnel de Carl Rogers. Ce psychopédagogue américain a rejeté les principaux courants psychologiques de son époque, la psychanalyse freudienne et le behaviorisme (étude des comportements), pour forger sa propre théorie. C’est le premier praticien à s’être livré à des enregistrements sonores et vidéo de ses séances, et à entreprendre des recherches sur le processus thérapeutique et ses résultats. Il a aussi instauré la supervision des thérapeutes. Privilégiant les qualités personnelles aux diplômes, il a ouvert la psychothérapie aux professions non médicales et développé la relation d’aide (counseling). Une approche qui devient célèbre dans les années 60 sous le nom de méthode « non directive ».

    Auteur, conférencier et chercheur, Carl Rogers s’est intéressé à tout ce qui concerne les relations humaines : le couple, la famille, l’enseignement, la vie sociale et politique… Son travail a totalement transformé l’art de l’écoute, non seulement dans le domaine des professions d’aide, mais aussi dans celui de de la communication, de l’entreprise et du commerce. Il s’est éteint en 1987, alors que son nom venait d’être proposé pour le prix Nobel de la paix.

    Dans cette approche centrée sur la personne, le thérapeute s’efforce d’instaurer un climat sécurisant, de faciliter l’expression de son « client », de lui apprendre à se fier à ce qu’il ressent pour développer son autonomie et améliorer ses relations avec les autres.

    Remplacer le mot Patient par le mot Client

    Carl Rogers a remplacé le mot patient par « client » pour souligner le rôle actif de ce dernier : lui seul sait ce qui lui convient, c’est donc à lui de mener la démarche thérapeutique. Le thérapeute ne peut en aucun cas se substituer à lui, c’est pourquoi il n’impose rien, ne conseille et n’interprète pas, mais accompagne la personne dans son travail d’évolution et de changement.

    Déroulement d’une séance de thérapie centrée sur la personne

    Il n’existe pas de cure type. Tout dépend du vécu actuel du client, toujours privilégié par rapport à son histoire passée. Le thérapeute va l’écouter avec sympathie, dans une relation de confiance et d’authenticité. (On est loin de la « neutralité » des psychanalystes). Placé face à son client, pour que ce dernier puisse voir ses expressions, il doit observer trois attitudes fondamentales précisément définies par Carl Rogers.

    La congruence, ou l’accord avec lui-même (coïncidence entre ses besoins, ses désirs, la conscience qu’il en a et l’expression qu’il en donne). Elle incitera le client à déjouer ses mécanismes de défense pour rétablir sa propre congruence.

    La compréhension empathique. Tout en restant lui-même, le thérapeute cherche à se mettre à la place du client, à entrer dans son univers et ses sentiments, en s’efforçant de les voir sous le même angle que lui. Aussi, lorsque celui-ci souffre, la compassion qu’il peut lire chez le thérapeute lui donne à la fois le sentiment d’être compris et la sensation que sa douleur est partagée, donc allégée.

    L’acceptation positive inconditionnelle, quoi que le client dise ou vive. D’après Carl Rogers, la majorité des problèmes psychologiques provient du fait qu’il est rare d’avoir reçu une telle acceptation de la part de ses parents dans la petite enfance. Raison pour laquelle nombreux sont ceux qui grandissent en cherchant avant tout à plaire aux autres, en sacrifiant leur personnalité et leurs propres désirs. Il est donc essentiel que le client se sente respecté sans jamais avoir l’impression d’être jugé ou évalué selon une théorie quelconque. La confiance, source de liberté d’expression et de relation dynamique, est en effet l’élément moteur de la thérapie. Confiance, respect, empathie et authenticité sont donc les maîtres-mots de l’approche centrée sur la personne (ACP), qui laisse le patient guider lui-même son évolution.

    Et quand à nous hypnothérapeutes, praticiens en hypnose, hypnologues ou simples hypnotiseurs 😊, je crois qu’on peut définitivement et sans complexe nommer nos clients des clients, ce qui de plus nous distinguera de manière claire de toute pratique médicale ou psychologique, en basant notre accompagnement sur une approche solutionniste propre à la vision éricksonienne ET centrée sur la personne.

    Sources : Wikipedia / Psychologies.com

    Dominik

    1. Christelle left a comment on 27 octobre 2019 at 21 h 03 min

      Sachant qu en tant qu infirmière on nous apprend que patient dans le dico veut dire personne qui souffre en silence et donc que nous avons des clients puisque même si l on travaille en hôpital on reste rémunéré par eux (de façon indirecte).

      Mais pour moi je n ai pas de client ni de patient d ailleurs car le terme ne me convient pas.

      Donc le débat reste ouvert mais client beurk 😉

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