
Lorsqu’on pratique l’hypnose en accompagnement, on rencontre rarement des demandes parfaitement simples ou isolées.
Derrière un problème de sommeil, une difficulté à prendre la parole, une peur, de l’anxiété ou un trouble alimentaire, il peut aussi y avoir une histoire plus complexe, des symptômes qui s’installent depuis longtemps, ou parfois une situation qui dépasse le cadre de l’accompagnement en hypnose.
C’est pour cette raison que nous consacrons deux journées de formation à la psychopathologie tous les anes avec Myriam Laborde-Brana, psychologue clinicienne depuis 25 ans.
L’objectif n’est évidemment pas de transformer les hypnopraticiens en psychologues ou en psychiatres. Il s’agit plutôt de leur donner davantage de repères pour comprendre ce qu’ils rencontrent en cabinet, poser de meilleures questions et savoir reconnaître les situations qui nécessitent de passer le relais.
Mieux comprendre ce que l’on peut rencontrer en cabinet
En consultation, une personne ne vient pas nécessairement en disant : « je souffre de tel trouble ».
Elle parle de ce qu’elle vit.
Elle peut dire qu’elle ne supporte plus certaines situations, qu’elle n’arrive plus à dormir, qu’elle se sent constamment en tension, qu’elle mange ou fume pour calmer quelque chose, qu’elle évite progressivement de plus en plus de choses, ou qu’elle n’a « plus goût à rien ».
Pour un praticien en hypnose, connaître les grandes familles de psychopathologies permet avant tout de mieux replacer certains symptômes dans leur contexte.
Ce n’est pas poser un diagnostic. C’est être capable de se demander si la situation présentée ressemble encore à ce que l’on accompagne habituellement en cabinet ou si elle demande davantage de vigilance.
Cela permet aussi d’éviter une erreur assez classique : vouloir immédiatement « travailler sur le symptôme » sans prendre le temps de comprendre ce qui l’entoure.
Le risque suicidaire : savoir poser les questions
C’est probablement l’un des sujets les plus importants abordés pendant ces deux journées.
Lorsqu’une personne exprime une perte de goût pour la vie, une impression d’impasse ou des idées suicidaires, éviter le sujet par peur de « lui mettre des idées dans la tête » serait une erreur.
L’entretien permet au contraire de préciser ce que la personne vit : s’agit-il d’idées diffuses ? D’un scénario qui revient régulièrement ? Existe-t-il un projet précis ? Des moyens accessibles ? Une urgence particulière ?
Pour l’hypnopraticien, l’enjeu n’est pas de prendre en charge seul une situation suicidaire. Il est de savoir repérer le niveau de risque, sécuriser la situation et orienter vers les professionnels et services adaptés lorsque cela devient nécessaire.
Cette capacité à reconnaître les limites de son intervention fait pleinement partie de la compétence du praticien.
Savoir aussi quand ne pas utiliser l’hypnose
L’hypnose est un outil particulièrement souple, ce qui peut parfois donner l’impression qu’elle peut être utilisée partout.
Dans la réalité, certaines situations demandent davantage de prudence.
Un état psychique très instable, certains symptômes dissociatifs ou psychotiques, une crise aiguë, un risque suicidaire important ou certaines situations médicales peuvent nécessiter une évaluation ou une prise en charge par un professionnel de santé avant d’envisager un accompagnement en hypnose.
Cela ne signifie pas que l’hypnose soit nécessairement exclue dans tous ces contextes.
Elle peut parfois trouver sa place au sein d’un parcours de soins ou en complément d’une prise en charge. Mais ce cadre doit être clair, et le praticien doit savoir avec qui travailler et quand orienter.
Faire le lien avec la pratique réelle de l’hypnothérapie

C’est aussi pour cette raison que nous avons choisi de construire cette formation à deux regards.
Myriam apporte son expérience de psychologue clinicienne et ses connaissances en psychopathologie.
Dominik Hansen intervient quant à lui pour faire le lien avec ce que les hypnopraticiens rencontrent réellement dans leur pratique : comment une problématique peut se présenter en cabinet, quelles questions poser, quels éléments doivent attirer l’attention et ce que l’on peut raisonnablement accompagner dans le cadre de l’hypnothérapie.
Les échanges avec les stagiaires sont d’ailleurs souvent aussi importants que le contenu théorique de cette formation.
Ils permettent de revenir sur des situations vécues en cabinet et de réfléchir collectivement à la posture la plus adaptée.
Une formation ne remplace pas l’expérience… ni l’analyse de pratique
Deux journées de psychopathologie ne permettent évidemment pas de tout connaître.
Et ce n’est pas leur fonction.
Elles permettent surtout d’acquérir des repères et, parfois, de développer une habitude essentielle : se poser les bonnes questions avant d’agir.
Qu’est-ce que je suis réellement en train d’accompagner ?
Est-ce bien dans mon champ de compétence ?
Ai-je suffisamment d’informations ?
Dois-je demander un avis ou orienter cette personne ?
Cette réflexion se poursuit après la formation. Myriam intervient également auprès de nos praticiens lors d’ateliers d’analyse de pratique, afin de pouvoir revenir sur des situations concrètes rencontrées en cabinet et réfléchir à la manière de les accompagner.
Pour nous, cette capacité à questionner sa pratique fait partie intégrante de la formation d’un hypnopraticien.
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